La République Centrafricaine a connu deux types de présidents qu’elle n’a jamais connus. Ce sont les plus derniers dont l’histoire fascine non seulement la communauté nationale, mais internationale. Le premier tout comme le deuxième laisse à la mémoire de tous les Centrafricains, de souvenirs très remarquables (bons et mauvais pour la plupart).

A voir leur rébellion, leur prise de pouvoir, leur gouvernance et leur entourage, on ne peut faire la différence et tout de suite on comprend que si les deux  restaient au pouvoir, rien ne pourra changer dans le pays.

La présente publication s’articule autour des points suivants :

-         Leurs personnalités et leurs niveaux d’instruction

-         Parcours et carrières professionnelles

-         Leur prise de pouvoir

-         Leurs points communs

-         Leurs points de divergence

-         Conclusion

 

       I.            LEURS PERSONNALITES ET LEURS NIVEAUX D’INSTRUCTION

François Bozizé Yangouvonda, né le 14 octobre 1946 à Mouila (Gabon), est l’un des hommes politiquescentrafricains, président de la République depuis le coup d'État du 15 mars 2003 qui l'a porté au pouvoir. Il est renversé le 24 mars 2013 et s'enfuit au Cameroun.

Michel Djotodia Am-Nondokro est né en 1949 dans la Vakaga (Oubangui-Chari, AEF). C’est un chef du mouvement rebelle dénommé l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) membre fondateur de la coalition SELEKA qui l’a porté au pouvoir. Il s'est autoproclamé président de la République le 24 mars 2013 après le renversement et la fuite du président François Bozizé.

Bozizé, selon nos informations, a un niveau de 3e où il s’est arrêté pour embrasser la carrière militaire.

Djotodja, a un diplôme de maitrise en droit des Relations Internationales obtenu en Russie avant d’être intégré dans la Fonction Publique au Ministère des Finances et du Budget.

En somme Bozize est le grand frère de Djotodja du point de vue de la date de leur naissance et de leur prise de pouvoir.

 

   II.            PARCOURS ET CARRIERES PROFESSIONNELLES

François BOZIZE

Engagé très tôt dans l’armée, François Bozizé devient général de brigade sous le Président Jean-Bedel Bokassa et, responsable avec le général Mayo Mokola des troupes de Bangui, chargé de la répression des manifestations de lycéens, du 15 au 20 janvier 1979, faisant plusieurs dizaines de morts parmi les élèves. Cet évènement est commémoré par la « journée des martyrs », le 18 janvier de chaque année.

Le putsch manqué et l'exil

Sous le régime militaire du général André Kolingba, le général Bozizé soutient l'opposition et fomente un coup d'État en 1982. À la suite de l’échec de ce coup d'État, Bozizé et Ange-Félix Patassé, le chef politique du coup d’État partent en exil au Togo.

Le retour en Centrafrique : un pilier du régime de Patassé

Dix ans plus tard, le général Kolingba, suivant le mouvement amorcé dans les anciennes colonies francophones, tient une élection présidentielle libre, multipartite et équitable. Ange-Félix Patassé est élu président de la République.

Au fil des ans, Bozizé devient l’un des hommes forts du régime Patassé et surtout sa courroie de transmission dans l'armée. Bozizé rétablit, avec l'aide militaire de la France, le calme après les mutineries de 1996 et 1997. Devant la montée des mécontentements dans l'armée, Patassé ressent le besoin de donner plus de pouvoirs à Bozizé en le nommant chef d'état-major des armées centrafricaines. Bozizé sert loyalement Patassé lors des très fréquentes mutineries et autres tentatives de coup d'État.

Djotodia

Est l’un des hommes ayant porté Bozizé au pour en 2003. Il a été nommé et a servi en tant que consul dans la ville soudanaise de Nyala. Mecontent de la gestion et du respect des engagements de Bozizé, il crée et devient le leader de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) dans la guerre civile de Centrafrique. Djotodia a vécu en exil à Cotonou au Bénin durant la guerre. Le 20 novembre 2007, il a été arrêté avec son porte-parole Abakar Sabone par les forces béninoises sous demande du gouvernement Bozizé. Ils ont été relâchés en février 2008 après avoir accepté de participer à des accords de paix avec le gouvernement centrafricain.

En décembre 2012, Djotodia est un personnage-clé dans la coalition rebelle  SELEKAopposé au régime de Bozizé pour non-respect des accords - quand il s'est emparé rapidement d'une grande partie du pays. Aux accords de paix de Libreville en janvier 2013, le président François Bozizé a accepté de nommer un premier ministre de l'opposition et d'incorporer les rebelles dans le gouvernement. Les négociations se poursuivant, un gouvernement d'union nationale, dirigé par le Premier ministre Nicolas Tiangaye, a suivi le 3 février 2013, il était composé d'alliés de Bozizé, de l'opposition et de rebelles. Djotodia a reçu le poste-clé de vice-premier ministre et ministre de la Défense nationale le 2 février 2013 dans un gouvernement d'union nationale.

 

III.            LEUR PRISE DE POUVOIR

 

1.     Bozizé

Un nouvel exil

Lors d'un autre coup d'État en mai 2001 contre le plus en plus contesté Patassé, ce sont les troupes libyennes qui assurent la sécurité du président. Le putsch échoue, mais Bozizé est sur la sellette, de plus en plus contesté dans l'entourage du président, on lui reproche une participation à cette tentative de renversement ou tout du moins un certain laisser-faire. Sentant venir sa fin proche, Bozizé fuit le Centrafrique pour le Tchad voisin avec quelques troupes.

Du Tchad, Bozizé mène quelques incursions en Centrafrique, mais rien de bien inquiétant pour le pouvoir toujours vacillant, mais désormais soutenu par la puissante armée libyenne du président Patassé. La tentative de renversement du 25 octobre 2002 échoue, Patassé recevant en plus l'appui du Mouvement de libération du Congo MLC, un groupe de miliciens soutenus par l’Ouganda et actifs dans la guerre civile en République démocratique du Congo voisin.

Le soutien ou tout du moins la bienveillance tchadienne à l'égard des activités militaires de Bozizé irrite Patassé au plus haut point, d’autant plus que l’armée centrafricaine est acquise au général en exil. Patassé accuse son homologue tchadien et cherche l’aide de la France pour assurer sa sécurité. À plusieurs reprises l’ancienne puissance coloniale était déjà intervenue pour sauver Patassé, mais devant l’instabilité chronique de la RCA et le manque total de soutien populaire, la France laisse poliment tomber Patassé.

Le coup d'État réussi de 2003 et l'accession à la présidence

Le 15 mars 2003, alors que Patassé est en voyage au Niger, Bozizé rentre au pays et s’empare de Bangui sans coup férir. Patassé doit alors partir en exil au Cameroun puis au Togo. Bozizé devient chef de l’État et promet un sacro-saint processus de normalisation politique pour le retour à la démocratie. Des élections démocratiques et multipartites sont promises par Bozizé qui les fixe, après plusieurs reports dus à la mise à jour des listes électorales, au 13 février 2005. C’est à l’issue de ce scrutin que Bozizé sera élu au second tour face à Martin Ziguélé comme président de la République pour un mandat de 5 ans.

Après les émeutes des Chimères en mars 2004, le président haïtienJean-Bertrand Aristide est renversé et part en exil en RCA, accueilli par Bozizé.

Il est réélu au premier tour de l'élection présidentielle de 2011 avec 64,37 % des voix face à Ange-Félix Patassé (21,41 %) et Martin Ziguélé (6,8 %). Plusieurs candidats déposent des recours devant la cour constitutionnelle, dénonçant des fraudes. La cour rejette les recours mais dans l'annonce des résultats finaux, elle écarte les résultats de certains bureaux de vote jugés « litigieux ».

Événements de 2013

Le 24 mars 2013, les rebelles de la SELEKA s'emparent du palais présidentiel et François Bozizé s'enfuit vers le Cameroun où il est hébergé par le président de la République, Paul Biya.

Le 29 mai 2013, un mandat d'arrêt international a été émis contre lui par la justice centrafricaine. Un mandat d’arrêt qui restera sans suite, car le président déchu jouit et continue de jouir d’une liberté totale de circulation, d’aller et venir comme il veut.

2.     Djotodja

Le 10 décembre 2012, la rébellion de Djotodja éclate en coalition avec d’autres mouvements rebelles dans la ville de Ndélé avant de prendre l’axe  Bria qui mène à Bangui en passant par Bambari. Devant l’ampleur de la situation humanitaire très désastreuse, la Communauté Internationale, sous l’égide de la CEEAC, arrive à mobiliser les parties en conflit à un dialogue en février 2013 à Libreville (Gabon). Ce fameux dialogue, fameux parce qu’il n’y avait pas eu un réel dialogue, car les parties étaient allées seulement signer des accords qui étaient déjà préparés en avant.

Difficile mise en œuvre et violation de l’accord de Libreville

Les accords de paix ont échoué en mars 2013 : la SELEKA reprend des villes de taille importante et accuse à nouveau Bozizé d'avoir échoué à tenir ses promesses. Les rebelles ont gardé les cinq ministres dont Djotodia qui se rendent à Bangui qu'ils ont envahie avec l’appui plus de 40 véhicules blindés de l’armée tchadienne. Ils s'emparent du palais présidentiel à Bangui, le président Bozizé n'y est pas, tout comme ses alliés. Bozizé s'enfuit au Cameroun alors que certains de ses alliés ont traversé le fleuve pour se rendre en République démocratique du Congo. Djotodia affirme que les soldats rebelles ont pris la décision de déposer Bozizé et que ce n'était pas sa volonté personnelle. Toutefois, certaines personnalités dénoncent un vide sécuritaire qui profite aux rebelles.

Le 25 mars 2013, il se déclare président de la République suite à la prise de la capitale Bangui par les rebelles au cours de laquelle a été renversé le général François Bozizé. À travers un discours à Bangui, il annonce conserver le Premier ministre Nicolas Tiangaye issu des accords de Libreville et organiser des élections d'ici 3 ans maximum. Le 13 avril 2013, un Conseil national de transition le confirme à son poste.

Une transition échouée et une démission forcée

Dès son accession au pouvoir, Michel Djotodja s’est montré incapable et défaillant pour gérer la situation voire ses propres éléments de l’ex séléka. Tous les jours ce sont des tueries, d’exactions exaspérées, de massacres, d’arrestation et d’exécution extrajudiciaire, l’absence totale de l’administration dans les provinces, la contre attaque des milices d’auto-défense dénommée anti-balaka en réponse aux exactions commises par les séléka, la mort des soldats tchadiens et congolais de la FOMAC transformée à la MISCA…

Le 5 Décembre 2013 à 3h du matin, une attaque coordonnée des anti-balaka a eu lieu dans la capitale Bangui suivie d’une riposte automatique et des représailles de la part des ex-séléka. Cette attaque a précédé le vote d’une résolution des Nations Unies autorisant l’intervention de l’armée française en Centrafrique pour stopper les massacres perpétrés contre les populations civiles. Une opération dénommée opération sangaris.

Très impopulaire et de plus en plus contesté par les populations centrafricaines et la communauté internationale, Michel Djotodja a été contraint de signer et déposer sa lettre de démission le 10 janvier 2014 à 12h 10mn à Ndjamena (Tchad) sous la pression internationale en particulier les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) et de la France.

Comme a souligné son prédécesseur François Bozizé lors d’une interview accordée à RFI le 2 janvier 2014 « jouer un rôle de premier plan pour une sortie de crise est que Djotodja doit officiellement déposer sa démission pour incapacité notoire et crédibilité complètement anéantie … car Djotodja est synonyme de chaos et de l’enfer ».

 

 IV.            LEURS POINTS COMMUNS

François Bozizé et Michel Djotodja ont des points communs qui sont multiples à savoir :

ØPrise de pouvoir par les armes suite à une rébellion armée.

Il faut être dans un obscurantisme politique juridique total pour ne pas comprendre que la prise de pouvoir par les armes est strictement interdite par les principes de la démocratique qui prônent le suffrage universel. Les deux bonhommes précités ont tous les deux utilisé la force pour renverser des régimes démocratiques en place.

ØRecrutement et utilisation des milices tchadiennes et soudanaise dans la rébellion afin de les aider à prendre le pouvoir de Bangui

Bozizé a été suivi par une majorité de militaires centrafricains capables de l’aider à prendre le pouvoir de Bangui. Mais n’étant pas très sûr de ses propres compatriotes, il va recruter des mercenaires étrangers en particulier tchadiens pour venir déstabiliser le régime du président Patassé. Le principe est claire : « à chacun son tour chez le coiffeur » et « qui tue par l’épée, périra par l’épée » ; Bozizé sera renversé par ses propres mercenaires qu’il a amené du Tchad. Mais, cette fois ci, c’est une association des malfrats internationaux qui sont venus le renverser avec la bénédiction de Déby son père qui l’a amené au pouvoir.

Djotodja, quant à lui, a été le principal leader des djihadistes soudanais, tchadiens et maliens en RCA à travers la coalition SELEKA, il a pu les utiliser pour venir déstabiliser non seulement le régime jaune de bozizé, mais la RCA tout entière.

ØIncorporation des tchadiens dans l’armée centrafricaine

Bozizé a été largement soutenu par les mercenaires tchadiens qui l’ont porté au pouvoir, et il était normal pour lui de les garder autour de lui. La sécurité présidentielle est désormais l’affaire des Tchadiens qui étaient à un moment donné devenus  intouchables. Le moindre accrochage avec un musulman, qu’il soit tchadien ou pas, et automatiquement ce sont des représailles de la garde présidentielle qui s’en suivent. Mais lui au moins il a su les maitriser un peu, parce qu’ils n’obéissaient qu’à lui seul.

Quant à Djotodja, c’est l’homme préféré même des tchadiens et soudanais qui l’ont porté au pouvoir comme son prédécesseur. Mais  son cas est encore très grave. L’armée, la gendarmerie, la police, et autres institutions clés du pays sont automatiquement occupés par les tchadiens qui n’obéissent qu’à leurs chefs de guerre et non  à Djotodjia.

ØNépotisme,

De Bozizé à Djotodja, il faut porter une triple casquette pour avoir de la place et bénéficier de la faveur du Président : soit c’est la religion (christianisme céleste ou islam), soit c’est le cercle (parti KNK ou pro-SELEKA), soit c’est le régionalisme ou le clanisme. Le pouvoir de ces deux dupons est caractérisé par l’injustice totale,  le clientélisme des postes et services de l’Etat, le favoritisme et la partialité. Mais dans leurs points de divergence, il y a quand même une nette différence entre Bozizé et Djotodja dont nous verrons plus tard.

ØClanisme :

Tous les deux ont une même idéologie en matière du clanisme. Tous leurs proches sont à la tête des ministères clés et autres institutions de la République. A l’époque de Bozizé, il fallait être Gbaya pour être privilègié à un recrutement soit dans l’armée, soit dans la police, soit dans la gendarmerie, dans la douane et soit dans la fonction publique centrafricaine. Avec l’accession de Djotodjia au pouvoir, c’est au tour des musulmans de s’imposer et d’occuper toutes les instances de la République.

ØDictature :

Tous les deux sont de véritables dictateurs et ont gouverné selon leur volonté.

Pour Bozizé, c’était une dictature jaune et traditionnelle où sa volonté seule et celle de ses enfants s’imposent.

Le magazine foreignpolicy  a paru un titre spécial intitulé : « Le hors la loi Bozizé dans les Top 5 et Top 10 des pires dictateurs du monde » pour qualifier le degré de la dictature de François Bozizé.

 

 

 

Sur cette photo de gauche en couverture du magazine Foreign Policy des mois de juillet et août 2010, on distingue clairement le hors la loi François Bozizé figurer en bonne place dans le Top 5 des dictateurs qui veulent détruire le monde. Il se tient juste derrière le sénile Robert Mugabe du Zimbabwé et devant le nord Coréen Kim Jong Il, à côté du dictateur Tan Shwé de Birmanie et El Beshir du Soudan.

Sur la photo de droite, c'est le Top 10 des mauvais petits gars, "bad guys" en anglais, ces dictateurs dont certains fragilisent encore davantage d'autres états déjà défaillants. On y retrouve encore Bozizé, cette fois-ci aux côtés de son parrain tchadien Idriss Déby et l'iranien Mahamoud Ahmadinejad. « Quelle sacrée réputation ! La République centrafricaine n'a nullement besoin que son image soit associée à celle d'un tel et si sinistre personnage ». En conclusion voici ce que dit le magazine « Plus que jamais, BOZIZE DOIT PARTIR !!!! » Source : foreignpolicy.com  juillet / août 2010

Par contre, pour Djotodja, c’est une dictature rouge où c’est sa volonté et celle de ses milices qui s’imposent. En moins d’un an, plus de 500 décrets ont été signés de manière unilatérale pour la majorité des cas en contradiction avec la Charte constitutionnelle qui exige le contreseing du Premier Ministre de la transition.

ØIncapacité totale dans la gestion du pouvoir

Ces deux rivaux jouissent d’une incapacité totale à gérer leur pouvoir, à contrôler l’armée et les frontières de la RCA.

L’incapacité de Bozizé pourrait être partielle du moment où il a été mieux écouté, mieux respecté par ses éléments et il a pu maitriser la situation économique du pays. Mais il avait fait express de ne gérer la situation qu’à son profit.

Djotodja est un grand incapable majeur. Même ses propres troupes, il n’arrive pas à les maitriser ; il n’a de président que le titre.

ØManque d’organisation de l’armée,

Dès leurs accessions au pouvoir, Bozizé et Djotodja n’ont pas sû profiter des potentialités militaires des forces de défense et de sécurité de leur pays.

Pour Bozizé, c’est la division de l’armée : il y a une armée lui appartenant  en personne (les GP), une appartenant à son fils le colonel Francis et une appartenant à son neveu le colonel Ndoutingaï. Tous les militaires affectés aux provinces ne sont pas de la famille royale et sont abandonnés à leur triste sort. Pas d’équipements adéquats pour l’accomplissement de leur mission régalienne. Malgré le fait qu’il existe des poudrières remplies d’armes de toute qualité et de munitions suffisamment disponibles pour la défense de l’intégrité territoriale.

Djotodja quant à lui, propose la suppression de l’armée au profit de ses éléments de la SELEKA. D’où l’esprit d’élimination physique des militaires formés avant sa prise de pouvoir. Toutes les poudrières d’armes et de munitions achetées par Bozizé ont été vidées et reparties entres les chefs de guerre de la SELEKA. Tous les généraux, colonels et autres officiers supérieurs autoproclamés, détiennent désormais à leurs domiciles des arsenaux de guerre et de demi-poudrières.

ØViolations graves des droits de l’homme pendant la prise et la gestion de leur pouvoir

Il est clair que si Djotodja arrive aujourd’hui au pouvoir, c’est à cause de la violation perpétrée des droits de l’homme causée par Bozizé en personne, ses enfants et ses éléments de la garde présidentielle. Ils ont tous un langage commun  « tu me connais ? », mais ils sont quand même partis avec leurs autorités et tout ce qu’ils ont.

Pour Djotodja, c’est encore plus grave que pour Bozize. Tous les jours, ce sont des paisibles citoyens de la population tant qu’urbaine qui sont massacrés, égorgés, tués et torturés par les éléments de la SELEKA au su et au vu de toute la communauté internationale et nationale. Nombreux sont les villages qui sont brûlés et effacés sur la carte de la RCA. Quant au nombre des victimes des exactions de la SELEKA, il est incalculable.

ØTous deux sont des responsables religieux

Bozizé, diacre de l’église christianisme céleste (une secte remplie de vodous béninois), Djotodja est l’imam de la religion islam qu’il défend fermement qui serait l’une même des raisons qui l’a poussé à prendre le pouvoir.

ØRancune et méchanceté

Les deux présidents sont tellement rancuniers qu’on ne peut mesurer le degré. Comme preuve, plusieurs officiers de l’armée ont été assassinés sous les ordres de Bozizé quand il était chef d’état major des armées jusqu’à ce qu’il soit devenu président de la République. Certains des officiers supérieurs et généraux ainsi que d’autres hauts cadres et dignitaires du pays n’ont pu être promus ni incorporés sous le règne de Bozizé jusqu’à sa chute. Les exemples sont nombreux, mais ne peuvent être cités ici.

Comme son prédécesseur, Djotodja est homme très méchant et très rancunier. Il fait partie de ceux qui ont amené Bozizé au pouvoir en 2003 ensemble avec Baba Ladé. Mais n’ayant pas bénéficié de butins de guerre promis par le Général président, puis son limogeage au poste d’attaché de Consul à Nyala au Soudan, Djotodja va garder une dent contre Bozizé. C’est ce qui l’a poussé à entrer en rébellion pour pouvoir créer la coalition SELEKA  avec complicité de Tiangaye et Ziguélé.

ØOpérateurs économiques

Malgré l’interdiction de la Constitution et la Charte Constitutionnelle de pas cumuler les postes de Présidents de la République et autres activités, tous ces deux dupons ont été à la fois Présidents de la République, opérateurs économiques, Ministres de la défense qu’ils aiment tant, Caissiers fictifs du trésor public…

 

    V.            LEURS POINTS DE DIVERGENCE

La divergence de traits caractéristiques de ces deux hommes politiques se situe sur un certain nombre de points à savoir :

ØSur le plan militaire : Bozize est un Militaire et un officier général (Général d’Armée), par contre, Djotodja n’est pas véritablement militaire, c’est un civil usurpant le titre de militaire.

ØSur le plan patriotique : Bozize n’a pas utiliser les terroristes et les braconniers soudanais pour venir piller le pays, par contre, Djotodja les a utilisé pour venir enfoncer le pays dans un gouffre sans fin. Bozizé n’a pas totalement été un népotiste.

ØSur le plan populaire : Bozize est  plus populaire que Djotodja. Il a n’a utilisé que les militaires formés dans sa rébellion, par contre, Djotodja n’a utilisé que des bandits, des braqueurs, des oupeurs de route, des barbares primitifs qui ne savent ni lire, ni écrire, ni parler sango et français. Des gens qui n’ont jamais été une seule fois dans une ville, des criminels de sang-froid, des bourreaux tout faits…

ØLégitimité : Dès leur prise de pouvoir, Bozize a été plus acclamé et chaleureusement accueilli par les Centrafricains que Djotodja qui n’a même pas été salué une seule fois par les Banguissois. Tout simplement parce que la prise de pouvoir de Bozize a été justifiée par la situation humanitaire très catastrophique à l’époque, mais celle de Djotodja est intervenue dans un climat de paix o